Conte du parfait Jedi

Il y a bien longtemps, aux confins d’une galaxie lointaine, très lointaine… vivait un jeune garçon qui s’appelait Timao. La planète où il vivait n’était pas très agréable. Elle était chauffée par un soleil rouge qui brûlait la peau de tous ceux qui sortaient sans protection. C’était essentiellement un grand désert de sable monotone. Heureusement , on y trouvait aussi quelques points d’eau fraîche qui permettaient aux habitants de survivre là.

Crédit : Audric 🙂

Sa mère se plaignait beaucoup d’habiter sur une planète aussi inhospitalière. Son père lui répondait à chaque fois qu’il était content d’avoir un magasin de réparations. Il y avait beaucoup de voyageurs qui s’y arrêtaient pour faire réparer leur vaisseau spatial ou un droïde mal en point. Ses affaires marchaient bien. Timao aimait bien passer du temps dans le garage de son père. Il y avait un grand hangar où étaient entassées beaucoup  de machines, certaines toutes neuves pour être vendues, d’autres abandonnées là par les clients et que son père gardait pour en récupérer les pièces.

Sa mère trouvait cet endroit dégoûtant, plein de poussière et de graisse. Elle disait à Timao de venir plutôt étudier pour devenir un grand pilote et peut-être même un jour, entrer dans  la prestigieuse école des Jedis, ces chevaliers imposants qui maîtrisaient les armes et la Force de la nature. Timao n’avait jamais rencontré de vrai Jedi, mais tout le monde parlait de leurs exploits. On racontait que pour entrer dans leur école et devenir un Jedi, il fallait être irréprochable. C’était un grand honneur d’être sélectionné et Timao se demandait s’il en serait capable. Alors, il étudiait très sérieusement les cours de sa classe et trouvait même d’autres livres à apprendre pour devenir le meilleur.

Timao n’avait pas beaucoup d’amis car ses camarades partageaient une passion qui ne l’intéressait pas : les courses de vitesse. Il ne comprenait pas pourquoi les autres s’amusaient à regarder des Speeders tourner en rond. C’était bruyant et sans intérêt. Alors après l’école, Timao se réfugiait dans le hangar de son père et observait les clients de passage et les machines complexes.

Un jour qu’il aidait son père à nettoyer le droïde réparé d’un grand voyageur, il fut témoin d’une scène étrange. Le voyageur protestait que ce n’était pas son droïde, que le père s’était trompé, et qu’il en voulait un autre tout neuf et bien plus coûteux. Il était de mauvaise foi bien sûr, il voulait tricher pour faire une bonne affaire. A la grande surprise de Timao, son papa accepta de donner le droïde neuf et garda le plus ancien.
« Pourquoi as-tu accepté Papa ? Il mentait !
– Oui, tu as raison. Mais je ne pouvais pas prouver ma bonne foi et je tiens à ma réputation. Et puis, ce modèle de Smikros est certes plus ancien, mais il est robuste et bien pratique. Si tu le veux, tu peux le garder.
– Que peut-on faire d’un Smikros à part lui confier la navigation d’un vaisseau ?
– Des tas de choses. A toi de le découvrir. »

Timao rentra à la maison avec le Smikros. Sa mère n’était pas contente :
 « Pourquoi rapportes-tu cet engin dégoûtant à la maison ?
– Je vais finir de le nettoyer, promit Timao. Et je te réciterai par cœur toutes mes leçons après. »

Timao se dépêcha de frotter très fort le petit Smikros qui se mit à protester avec une drôle de voix aiguë et métallique. « Arrête de me bousculer, je suis fragile.
 – Je n’ai pas le temps, dit Timao. Je dois encore apprendre par cœur une bonne centaine de lignes et les réciter sans me tromper.
– Pourquoi ?
– Pour que ma mère accepte que je te garde ici.
– Pourquoi ?
– Parce qu’elle veut que je devienne savant et éduqué.
– Pourquoi ?
– Parce que j’ai ainsi une chance de rentrer à l’école des Jedis.
– Pourquoi ?
– Pour devenir un Jedi, pardi, un des hommes les plus forts et admirés de la galaxie.
– Pourquoi ?
– Tu m’énerves Smikros. Tais-toi sinon je t’envoies à la casse ».

Après cette conversation, Timao avait eu du mal à se concentrer sur ses apprentissages et il avait fait trois fautes de récitation. Il s’en voulait beaucoup. Il dormit mal cette nuit-là car il faisait des cauchemars où Smikros venait l’empêcher d’étudier, il échouait à ses examens et tout le monde venait se moquer de lui.

Le lendemain matin, Smikros, lui, semblait d’excellente humeur et le salua d’un « Bonjour Timao le studieux. Es-tu prêt pour entamer une journée passionnante ? » Timao haussa les épaules et se dépêcha pour ne pas être en retard à l’école. Ce serait terrible d’être puni s’il arrivait en retard.
« Pourquoi ? Demanda Smikros.
– Ah non, tu ne vas pas recommencer ! Si je suis en retard, je serai puni et je n’aurai pas de temps pour m’amuser après l’école.
– D’accord, on se dépêche !
– Tu ne viens pas à l’école avec moi quand même ?
– Si, je suis Smikros, votre meilleur compagnon de voyage. Tu vas à l’école, je dois t’accompagner. »

Timao n’avait plus le temps d’argumenter et il partit rapidement, suivi de Smikros qui faisait des petits bips assez ridicules. Tous ses camarades se mirent à rire quand il le virent mais le professeur sembla très intéressé. Il dit à tout le monde que Timao avait bien de la chance et qu’on ne pouvait pas empêcher le Smikros de le suivre.
Pendant la classe, le droïde se tint à peu près tranquille. Mais dès qu’ils sortirent de cours, Smikros voulut qu’ils aillent assister aux courses de Speeders avec tous les autres.
« Non lui dit Timao. Ça ne m’intéresse pas. Ça tourne en rond, c’est tout !
– C’est bien d’être curieux et de préférer des choses nouvelles, dit Smikros d’un ton inhabituellement sérieux.
– Oui, rentrons faire les devoirs.
– Ah non, les devoirs, ce n’est pas nouveau. Ça tourne en rond tout autant que les Speeders.
– On ne va pas recommencer : j’ai besoin d’avoir des résultats parfaits pour devenir Jedi.
– Qui a dit ça ? Si mes cartes mémoires ne sont pas rouillées, mon dernier maître Jedi était un sacré farceur.
– Quoi ? Tu as accompagné un maître Jedi ? Tu dis la vérité ?
– Bien sûr. Pourquoi je mentirais ?
– Alors tu sais comment je dois faire pour devenir Jedi ? »

Le petit Smikros ne répondit pas et se mit à faire un bruit bizarre. Il lui fallut plusieurs minutes pour finalement répondre avec une voix un peu différente, plus basse :
« Jusqu’où es-tu prêt à aller pour devenir Jedi ?
– Jusqu’au bout du monde.
– Alors commence par répondre à cette question : Pourquoi veux-tu devenir un Jedi ?
– Je te l’ai dit hier : pour être une des hommes les plus forts et les plus admirés de la galaxie.
– Pourquoi ? « 

C’était au tour de Timao de ne plus savoir quoi répondre. Ils venaient d’arriver à la maison et Timao se plongea dans ses devoirs. A nouveau sa nuit fut agitée. Cette fois, il rêva de Jedis farceurs qui allaient voir les courses de Speeders et de Smikros qui était devenu plus grand que lui. A son réveil, Smikros le salua d’un :  » Bonjour Timao l’ambitieux. Es-tu prêt pour une journée d’aventures ? »
Pas le temps de répondre, Timao entama une autre de ses journées bien remplies. Sur le chemin du retour, il dit à Smikros :
 » J’ai bien réfléchi et je voudrais devenir un Jedi parce que je veux comprendre le monde et la Force et que je veux me sentir utile.
– Où étais-tu la dernière fois que tu as ressenti force et tranquillité ?
– Mes parents m’avaient emmenés visiter un Dôme. C’est extraordinaire : ils ont creusé sous le sable et, protégé par le Dôme, ils ont pu créer un grand jardin avec un ruisseau, des fleurs, des arbres, des papillons. C’était magique !
– Était-ce utile ?
– Oui, ils font pousser des aliments naturels grâce à l’énergie de notre soleil rouge. Il disent qu’on pourraient créer plein de jardins où les humains se sentiraient plus heureux. Il y en a un en construction pas très loin. Tu crois que je pourrais aller les aider pour me sentir utile ?
– Allons-voir ! Dit Smikros avec entrain. »

Quand ils arrivèrent sur le chantier de construction non loin de là, Timao était émerveillé. Tant de gens qui s’activaient pour construire une si belle chose ! Dans un coin, assis tout tranquille se trouvait une petite créature étrange qui souriait. Il émanait d’elle comme une lumière qui attirait Timao irrésistiblement. Mais il n’aurait jamais osé la déranger et il ne savait pas bien comment faire pour proposer son aide. Jusqu’à ce que Smikros s’approche du personnage en faisant clignoter des lumières et en poussant des petits bips de plaisir. Timao était gêné de l’audace de Smikros. Et à sa grande surprise, le personnage sourit largement en disant :
 « Serait-ce le malicieux Smikros que je connais ? Qui accompagnes-tu dans son voyage aujourd’hui ?
– Maître, voici le jeune Timao qui voudrait être utile et aider ici.
– Bonjour Timao, je suis Okala , le maître Jedi envoyé ici pour veiller à l’harmonie de la Force sur cette planète.
– Maître Jedi, bafouille Timao. Allez-vous recruter des apprentis ? J’ai appris toutes mes leçons par cœur, jusqu’à ne plus faire d’erreurs.
– Les gens qui ne font jamais d’erreur pour vivre dans un monde parfait oublient d’écouter la Force et ses tumultes. Ils n’ont pas leur place parmi les Jedis. »

Cette phrase fut un grand choc pour Timao et le plongea dans de grandes réflexions. Les Jedis ne veulent pas des gens parfaits ? Timao réfléchit et ne comprenait vraiment plus rien. Puis, il repensa aux questions de Smikros : Pourquoi voudrait-il être parfait, pourquoi voudrait-il être un Jedi ? Il commença à comprendre que la vraie question était ce qu’il voulait faire, ce qui était important pour lui. Il revint vers le Maître et lui dit : « Maître, même si je ne peux pas devenir Jedi, je voudrais venir aider ici pour construire un jardin. Je ne comprends sans doute pas ce qu’est un Jedi ni ce qu’est la Force, mais je suis sûr que je veux venir travailler ici pour être utile ».

Le Maître se tourna vers Timao :  » La Force est  présente partout autour de tous ceux qui sont prêts à la ressentir, qu’on soit Jedi ou pas. Elle permet de bâtir de belles choses et de rendre les humains plus heureux mais seulement s’ils le veulent. Peut-être deviendras-tu Jedi, ou peut-être pas. Mais tu peux décider ici et maintenant d’écouter ce que te dit la Force. »

Tout à coup, Timao se sentit très différent, comme s’il était à la fois très calme et très enthousiaste. Il prit une grande respiration et dit en souriant :  » Au travail Smikros, je veux être utile, écouter la Force, construire un jardin et j’ai besoin d’un compagnon dans mon nouveau voyage ! « 

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