Le Souriceau d’Or

Audric continue à fournir en séance les éléments de base pour des contes qu’il veut construire. Merci à lui pour ce bon travail et pour l’illustration !

Crédit : Audric 🙂

Cette histoire commence au royaume des souris . Le Roi des souris est très respecté dans tout le royaume pour sa force et sa puissance. Sa femme, la Reine des souris est magnifique, elle arbore un pelage lisse et brillant, d’une blancheur immaculée. Tout le royaume les admire lorsqu’ils se promènent dans le village de souris.

Un matin, les trompettes du château se mettent à sonner en signe de grande nouvelle : un jeune prince vient de naître et la rumeur dit qu’il est très étonnant car son pelage est tout doré ! De mémoire de souris, on n’a jamais vu de souris dorée. Tout le monde chuchote et se demande quand on pourra le voir.

Le Roi et la Reine sont incroyablement fier de leur petit prince tout doré. Ils décident de l’appeler Brightonne car bright en anglais veut dire brillant. Ils demandent même au peintre du palais de réaliser un portrait de leur famille et ils l’affichent sur le mur extérieur du château pour que tout le royaume puisse voir à quel point Brightonne est extraordinaire. Comme tout le monde passe voir ce portrait, le Roi décide que l’artiste peindra le jeune prince à chaque nouvel évènement et qu’on affichera le portrait sur le mur.

Brightonne grandit donc bien protégé dans le palais. Il apprend à manger dans une magnifique vaisselle d’or, à nettoyer et brosser soigneusement son joli poil. Ce qu’il apprécie plus que tout, c’est d’escalader les tapisseries somptueuses du palais puis, en agrippant le cordon,  de se jeter vers le bas et de s’amuser du balancement.  A chaque fois, un nouveau portrait de Brightonne est affiché à l’extérieur. Il devient célèbre, tout le monde l’admire et envie le prince doré.

Un jour que la famille des souris royales sort faire une promenade, Brightonne est intrigué  par des jeunes souriceaux qui courent les uns après les autres. Il leur demandent ce qu’ils font : il jouent à « chat ». Brightonne apprécie de jouer avec des camarades et il aime bien être le « chat » qui attrape les autres. Il rit et s’amuse tellement qu’il s’éloigne un peu trop de la garde royale. A ce moment-là, surgissent deux brigands qui attrapent le jeune prince, le jettent dans un sac et s’enfuient rapidement. Personne n’a rien vu et il faut un temps assez long pour quelqu’un ne s’inquiète. Les parents appellent leur fils, la garde cherche le jeune prince, rien n’y fait : Brightonne est déjà loin, emporté par les brigands. Il se sent balloté dans un sac tout poussiéreux et il a vraiment très peur.

Enfin, il sent qu’on le pose par terre et il entend les brigands se concerter.  « Dès que j’ai vu les portraits du Souriceau d’Or, je me suis dit que sa peau me ferait un joli chapeau. Nous avons bien fait de le suivre et de l’attraper. Il fait trop noir maintenant, nous allons nous reposer. Demain matin, nous nous occuperons de lui. » A ces mots, Brightonne frissonne de peur. Ils veulent le tuer à cause de sa jolie fourrure dorée.  Que faire ? En plus, il a été tellement secoué dans le sac, il a mal à la tête. Il passe sa patte à cet endroit et sent que le bord de la couronne a frotté et a coupé une petite touffe de poil doré. Il réfléchit et se dit que s’il n’a plus de poil doré au matin, ils ne pourront plus utiliser sa peau. Alors toute la nuit, Brightonne utilise sa couronne pour gratter et retirer tout son pelage qu’il cache dans un pli au fond du sac. 

Au petit matin, les deux brigands ouvrent le sac et y voient un souriceau à la peau toute nue. L’un deux crie à l’autre :
« Voleur, tu as caché le Souriceau d’Or pendant la nuit car tu veux garder sa peau rien que pour toi !
– Pas du tout. C’est toi qui l’a caché.
– Ce n’est pas vrai. Va le chercher » et il attrape l’autre par le col et commence à le frapper.

Brightonne profite de leur bagarre pour s’enfuir sans faire de bruit. Il court, court jusqu’à en perdre haleine. Arrivé au bord d’un ruisseau, il s’arrête pour boire et voit son reflet dans l’eau. Il ne se reconnait pas, il est si laid avec cette peau toute rose. Très malheureux, Brightonne continue de marcher jusqu’au moment où il voit un village. De  jeunes souriceaux s’y amusent. Il s’approche et leur demande poliment :
 » Bonjour, je cherche à retourner au château. Pouvez-vous m’aider ?
Quelle drôle de peau tu as, dit l’un.
-Pourquoi veux-tu aller au château ? ajoute l’autre.
– Pour rejoindre mon père, le Roi. »

 Les jeunes souriceaux éclatent de rire  » Toi, le prince doré ? Quelle bonne blague ! Va-t-en, nous ne voulons voir quelqu’un d’aussi dégoûtant ici » et ils lui jettent des pierres. Brightonne s’enfuit vers la forêt. Il comprend que personne ne peut le reconnaitre et que tout le monde va le rejeter. Il est si malheureux ! A la nuit tombée, il s’arrête dans le creux d’un arbre pour se réchauffer un peu. Il tremble de froid, de peur et de désespoir. Ses dents claquent tellement fort qu’un vieux magicien souris l’entend et vient lui parler.  » Tu sembles avoir froid. Veux -tu venir te réchauffer dans mon terrier ? » Méfiant, Brightonne hésite. Mais il a si faim et froid qu’il suit le vieux magicien.  » Mange ces quelques graines, jeune souriceau, tu te sentiras mieux. Et tu trembles si fort. Prends cette grande cape pour te réchauffer » dit-il. Epuisé par toutes ces aventures, Brightonne finit par s’endormir.

Le lendemain, des gardes royaux passent à l’entrée du terrier du vieux magicien pour demander s’il a vu le Souriceau d’Or. Le vieux magicien interroge Brightonne du regard. Celui-ci baisse la tête. Il est devenu si laid, jamais les gardes ne pourront pas le reconnaitre. Alors il se cache dans la grande cape et ne dit rien. Le magicien lève une main et dit aux gardes  » J’ai fait un rêve magique cette nuit et j’ai vu que seuls ses parents pourront retrouver le jeune prince ».

Les gardes rentrent au palais sans avoir rien trouvé. Le Roi les interroge et ils finissent par lui parler du rêve magique du vieux magicien. Le Roi et la Reine décident alors d’aller le consulter dès le lendemain. Quand ils arrivent au terrier, le jeune prince sent son cœur bondir dans sa poitrine. Il voudrait courir vers eux, les embrasser mais il regarde sa peau rose si laide et il se cache à nouveau dans la grande cape. Le magicien dit aux parents : « Si vous voulez retrouver votre fils, il vous faudra aller chercher une grosse brassée de bois.
– Ça n’a pas de sens. Comment le bois pourrait-il nous aider ?
– Ce sera utile pour faire la lumière sur la vérité. » répond le magicien.
Alors , les malheureux parents se dépêchent d’aller ramasser le plus gros tas de bois qu’ils peuvent imaginer.
« Maintenant, il faut aller cueillir des herbes magiques dans les marécages.
– Tu te moques de nous ? dit le Roi.
– Pas du tout. répond le magicien. Est-ce la boue des marécages qui vous fait peur ? Préférez-vous garder votre joli poil bien propre ou bien avoir une chance de retrouver votre fils ?
– Je n’hésiterai pas à marcher dans la boue si cela peut me permettre de le retrouver, dit la Reine. »

Quand ils reviennent avec les herbes magiques, le Roi et la Reine sont méconnaissables. Leur poil est sale et tout collé. Ils sont fatigués et ont perdu leur belle allure. Le magicien demande à Brightonne toujours caché dans sa cape : « Penses-tu que leur fils les aime moins maintenant qu’ils ont perdu toute leur beauté ?
– Je pense que leur fils les a toujours aimés et qu’il les aime encore plus en voyant tous leurs efforts pour le retrouver, répond Brightonne tout tremblant.
– Et vous, les parents, seriez-vous contents de retrouver votre fils même s’il avait perdu son magnifique pelage ?
– Bien sûr, répondent en cœur les parents. Nous aimons Brightonne parce qu’il est notre fils avant tout.
– Il est peut-être temps de retirer ta cape jeune souriceau ! »

La Reine pousse un grand cri car elle a compris que son fils est là. Elle court vers lui l’embrasse et le réconforte. Le Roi n’en croit pas ses yeux et puis il comprend lui aussi et prend son fils dans ses pattes. Pendant ce temps, le magicien prépare un bon feu et fait chauffer de l’eau. Il y jette les herbes magiques. Puis il  dit : » Cette potion fortifiante aidera le jeune prince à se remettre. A vous de voir si vous voulez rentrer au château tout de suite ou bien attendre que son pelage repousse pour pouvoir à nouveau montrer des portraits ».

Le Roi regarde son fils avec amour et répond  » Nous allons rentrer au château, nous n’avons pas besoin de portraits pour être heureux en famille ! »

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