Paolo ou celui qui ne recevait jamais de compliments

Crédit : Audric 🙂

Cette histoire se passe dans une petite ville du Pérou où vit une jeune garçon qui s’appelle Paolo.

Paolo vit dans une toute petite maison avec sa grande sœur Paloma, et ses parents. Pour pouvoir nourrir la famille, les deux parents travaillent dur toute la journée. Ils sont très fatigués quand ils rentrent du travail. Alors ils sont bien contents de trouver la maison bien rangée et le diner qui fume sur la table. Tous les jours ils félicitent Paloma pour tous les services qu’elle leur rend parce qu’elle est si sérieuse. En effet, Paloma est très appliquée à l’école et fait bien tous ses devoirs. Ils disent souvent à Paolo de prendre exemple sur sa grande sœur. Cela rend Paolo triste car lui n’a jamais de compliments, seulement des reproches.

 La grande passion de Paolo, c’est le football. Il aime aller à l’école parce qu’il y retrouve ses copains et qu’ils peuvent jouer dans la cour. Paolo est très doué, il est le capitaine de son équipe. Quand il a un ballon au pied, il a impression d’avoir des ailes, il est heureux car tous ses problèmes s’envolent.

Son problème principal est qu’il doit, tous les jours, aller remplir le gros bidon d’eau pour la famille et acheter de quoi manger. Quand il était plus petit, c’était difficile pour lui de porter ce gros bidon alors son papa lui avait bricolé un petit chariot à roulettes. Maintenant, Paolo est suffisamment fort pour porter le bidon mais pas assez pour affronter la bande de mauvais garçons qui s’est installée  juste à côté de l’épicerie. Tous les jours, ils attendent là et menacent Paolo pour qu’il leur donne un peu d’argent. Paolo a tout essayé : leur sourire, se battre, implorer leur pitié mais rien n’y fait.

Ce jour-là, quand Paolo arrive en vue de l’épicerie, la bande a l’air très agitée. Il essaie prudemment de faire un détour par la ruelle en arrière pour les éviter mais ils s’en aperçoivent et se précipitent vers lui. Ils sont très énervés. Ils le frappent et cette fois-ci lui volent tout son argent. Il n’a plus rien pour acheter à manger. Quand il rentre, Paloma le gronde en l’accusant de n’avoir pas fait assez attention. Ses parents sont encore plus en colère, il n’ont rien à manger. Ils accusent Paolo de ne se penser qu’à s’amuser au football. Le garçon essaie de leur expliquer ce qui se passe mais ils ne veulent pas l’entendre.

Alors le lendemain, après l’école, Paolo n’a pas le courage de rentrer chez lui. A quoi bon ? Sa sœur l’obligera à faire les courses et il perdra encore tout leur argent. Paolo prend son ballon et marche vers la ville voisine où il va parfois assister à des matches de foot de vrais joueurs avec de vrais maillots et un arbitre. Habituellement, il grimpe discrètement dans un arbre car il ne peut pas payer le billets, mais aujourd’hui, il n’y a personne et il se faufile par un trou de la haie. Comme c’est impressionnant d’être dans un endroit aussi beau et grand. L’herbe y est parfaite pour jouer, Paolo a même l’impression qu’il respire mieux ici. Il fait des exercices d’adresse avec son ballon et il s’imagine dans un match important, traversant la ligne des défenseurs adverses, et marquant un but  dans la lucarne tandis que le public l’acclame !

Tout à son rêve, il n’a pas remarqué que les joueurs du club viennent d’entrer sur le terrain pour s’entraîner. Ce jeune garçon distrait les amuse, ils le regardent et l’appellent :
« Qu’est-ce que tu fais là, petit ?
– Je suis désolé, répond Paolo confus. Le terrain est si beau !
– Tu te débrouilles bien avec un ballon. Tu voudrais entrer dans un club ?
– Ce serait possible ?
– Il faudrait que tu viennes samedi avec ton père pour les qualifications » lui dit l’entraîneur.

Paolo file vers son village. Il est déjà très tard et il va directement dans l’entreprise où travaille son père pour tout lui raconter. Son père est surpris de le voir. Il commence à le gronder de n’être pas rentré à la maison et décide de passer à l’épicerie pour acheter à manger. Paolo tout enthousiaste galope devant son père et tombe nez à nez avec  la bande des mauvais garçons qui l’attrapent par le col et le menacent. Heureusement, le papa de Paolo arrive. Avec sa grosse voix, il leur dit » Vous ne viendrez plus jamais embêter ceux qui viennent à l’épicerie sinon, je m’occuperai moi-même de vous ! » Comme il est très fort, la bande prend peur et s’enfuit. Le père comprend ce qui se passe et pourquoi Paolo ne pouvait plus faire les courses. Alors il rentre dans l’épicerie et se met d’accord pour que ce soit lui qui vienne payer une fois par semaine toutes les courses. Il achète également des tortillas toutes fumantes pour le dîner.

Paolo est vraiment soulagé et heureux de rentrer chez lui ce soir-là. Les tortillas sont délicieuses. Mais Paloma n’est pas contente parce que personne lui fait de compliments.

En attendant le samedi, le garçon est à la fois très enthousiaste et aussi très stressé. Paloma, elle, n’est pas contente parce qu’elle n’aime pas le football et puis parce que les parents ne complimentent plus que Paolo maintenant. Arrive enfin le samedi, Paolo et sa famille vont au stade pour les qualifications. Il attend avec impatience qu’on le fasse entrer sur le terrain. Il observe autour de lui et voit qu’il y a une vingtaine de jeunes. Seul Paolo n’a pas de jolies chaussures ni de maillot de football. Il se sent un peu honteux d’être si pauvre. Enfin, l’entraineur les appelle, donne un ballon à chacun et demande de faire quelques exercices d’agilité. Paolo est un peu surpris mais dès qu’il touche ce ballon, bien plus lisse et dur que le sien, il a l’impression qu’il peut devenir plus précis, plus rapide comme un cheval sauvage et fougueux. Un coup de sifflet marque la fin des qualifications. Paolo n’a pas vu le temps passer. Il se dirige à regret vers l’entraîneur pour rendre ce ballon si précieux. L’entraîneur appelle son père et lui dit :
 » Si votre  veut devenir footballeur, il a le bon âge pour entrer dans le club des espoirs.
– Oui, c’est mon rêve ! dit Paolo.
– Cela représente beaucoup d’efforts et de sacrifices, poursuit l’entraîneur. Il faudrait changer d’école, t’entraîner tous les jours.
– S’il te plait Papa, donne ton accord ! « 

La famille prend le temps de discuter. Ils sont à la fois très fiers et un peu inquiets de ne plus voir Paolo tous les jours. Ce dernier leur promet qu’il viendra dès qu’il le pourra. Les parents acceptent enfin mais Paloma n’est pas contente car il faudra qu’elle rapporte l’eau et qu’elle fasse les courses !

Alors Paolo réfléchit et dit à sa famille : « Je crois que nous faisons tous beaucoup d’efforts. Les parents travaillent dur pour gagner de l’argent. Paloma étudie sérieusement et s’occupe du dîner. Moi je viens de trouver ce qui me plait vraiment et, si je réussis, je gagnerai assez d’argent pour que nous ne soyons plus pauvres. Alors, comme vous, je vais faire de mon mieux et voilà pourquoi nous méritons tous des compliments ! « 

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